Ennéagramme & Vittoz, Se connaître et oser changer

MICHEL

« C’est par la faille que jaillit la lumière »

Cette phrase tirée d’une émouvante chanson de Léonard Cohen résume joliment le cœur de mon projet : articuler l’outil de connaissance de soi qu’est l’ennéagramme et la méthode thérapeutique de Roger Vittoz, pour un accueil serein de nos parts d’ombre et de lumière. En alliant à une cartographie subtile des caractères humains, un art de réconciliation avec soi-même, il devient possible d’oser changer et de retrouver une véritable liberté intérieure.

L’ABC DE L’ENNEAGRAMME d’Eric Salmon

Dans la masse des livres consacrées à l’ennéagramme, on peut légitimement se poser la question de savoir par lequel commencer…

La réponse est claire : il s’agit de l’ABC de l’ennéagramme d’Eric Salmon. Extrêmement lisible, l’ouvrage donne les principales informations sur l’outil et propose un descriptif par type qui est agrémenté par de savoureux dessins qui en disent parfois plus long qu’un long discours.

A l’usage, on se rend compte que ce livre qui joue la carte de la simplicité et de la modestie est très complet, très dense et très commode. C’est sans doute le secret de sa réussite.

Ouvrage de base à garder sur sa table de chevet, je conseille toujours à mes stagiaires d’y revenir régulièrement. Ce livre est le fruit d’une expérience d’animateur et cela se sent par son caractère vivant.

Même si je pense que rien ne peut remplacer une approche expérimentale par un stage selon la tradition orale, ce livre sera idéal pour accompagner un débutant sur ce chemin de l’ennéagramme.

Neurobiologie...un article de "pour la science"

MICHEL

La peur commence dans le nez

Selon une étude sur des souris, l’apprentissage de la peur modifie jusqu’aux neurones sensoriels, et pas seulement les aires corticales ou profondes du cerveau.

Une même odeur déclenche une réponse bien plus intense des neurones olfactifs quand les souris ont appris à en avoir peur. En effet, la quantité de neurotransmetteurs déversés dans le bulbe olfactif, caractéristique du nombre d’influx envoyés par les neurones olfactifs, est alors bien plus importante (à gauche, avant l’apprentissage ; à droite : après l’apprentissage).

© Marley Kass et Michelle Rosenthal

Pour en savoir plus

M. D. Kass et al., Fear learning enhances neural responses to threat-predictive sensory stimuli, Science, en ligne le 12 décembre 2013.

R. Vaas, Les racines de la peur, Cerveau&Psycho, n°2, 2003.

L'auteur

Guillaume Jacquemont est journaliste à Pour la Science.

Nous avons tous appris à craindre une odeur de gaz dans un appartement, que nous associons à un danger d’explosion. Comment cette peur est-elle codée dans le cerveau ? On considère classiquement que son apprentissage modifie diverses aires cérébrales, telle l’amygdale. Marley Kass, de l’Université du New Jersey, et ses collègues ont montré sur des souris que les changements vont jusqu’au début de la chaîne de perception et de traitement sensoriel : la réponse des neurones olfactifs est quatre fois plus intense quand l’odeur perçue provoque la peur.

Les neurobiologistes ont conditionné les souris pour craindre une certaine odeur, en faisant systématiquement suivre sa diffusion d’un choc électrique à la patte. L’odeur est perçue grâce à la fixation des molécules volatiles sur des récepteurs situés à la surface des neurones olfactifs, dans les muqueuses qui tapissent l’intérieur du nez. Ces neurones envoient alors des influx au bulbe olfactif et, de là, à d’autres aires cérébrales.

Les chercheurs ont observé le bulbe olfactif en perçant – sous anesthésie – un petit trou dans le crâne des souris. Celles-ci étaient génétiquement modifiées pour que les neurones sensibles à l’odeur apprise fabriquent un composé nommé synapto-pHluorine, qui se fixe sur les vésicules contenant les neurotransmetteurs (les molécules qui assurent la communication entre neurones) et devient fluorescent quand il est relâché dans une synapse. Ainsi, plus les neurones olfactifs envoient d’influx, plus le nombre de neurotransmetteurs relâchés est grand et plus la fluorescence observée dans le bulbe olfactif est importante.

Les neurobiologistes ont constaté qu’une même odeur entraîne une réponse quatre fois plus intense des neurones olfactifs quand les souris ont appris à en avoir peur. Ces résultats montrent qu’un tel apprentissage modifie jusqu’aux neurones sensoriels et ne se déroule pas juste dans les aires cérébrales auxquelles parviennent les informations perceptives, comme on le pensait auparavant – ce qui n’exclut bien sûr pas l’implication d’autres structures, telle l’amygdale. Pour Cyril Herry, de l’INSERM, la prochaine étape sera sans doute de confirmer le lien de causalité, par exemple en bloquant ce phénomène de plasticité des neurones olfactifs : l’apprentissage de la peur est-il alors empêché ?

Le mécanisme découvert pourrait accroître la sensibilité à une odeur et ainsi la réactivité face au danger. Selon C. Herry, il sera probablement retrouvé chez l’homme, dont la structure du système olfactif est similaire et chez qui on peut aussi obtenir des réponses conditionnées de peur. Il connaît sans doute un dysfonctionnement dans certains troubles de l’anxiété, tel un stress posttraumatique, qui entraîne notamment une hypervigilance et une focalisation exagérée sur tout stimulus associé au traumatisme.

A connaître!!!

MICHEL

Latérapédagogie / Latérathérapie

Formation 1 ère Journée

Marie-Françoise Tay, Marie-Thérèse Durand et Alain Soleilhac, Praticiens

Vittoz IRDC et enseignants en retraite vous proposent une 1ère

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Samedi 22 février 2014

« Comment expliquer, chez certains, dyslexies, dyspraxie et lecture lente et

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sur la structuration de la latéralité, la latérapédagogie, Joëlle MORICE-MUGNIER

fait prendre conscience au patient de son sens directionnel cognitif dominant. »

Peut-on lire sur la quatrième de couverture du livre: « Gauchers en difficulté, la

latérapédagogie, une richesse inexploitée », Ed. Pierre Téqui

Horaires : de 10 h à 18 h

Lieu : Chez Marie-Françoise et André Tay

10 Chemin du Bricollet

69210-LENTILLY (près de Lyon)

Tarif : 90 €

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journée. Un complément vous sera demandé pour défrayer Joëlle M.M.de ses frais de

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Joëlle Morice Mugnier Psychopraticien Vittoz Latérapraticien

Formation / Supervision - Membre Individuel FF2P

SIRET 437 737 646 Membre d’une Association agrée par l’Administration Fiscale.

Le règlement des honoraires par chèques libellés à son nom est accepté.

07 86 62 30 43 joellemorice@wanadoo.fr

Si proche du Vittoz!

MICHEL

Les 5 clés de la Sérénité

par Christophe André

DOSSIER COORDONNÉ PAR VIOLAINE GELLY

paru dans PSYCHOLOGIES Magazine N°332 – Sept-2013

En période de crise, plus que jamais, nous avons envie de sérénité, de calme et

d'apaisement. Mais où trouver ces instants de grâce ? Ou, plus simplement, comment

les reconnaître quand ils nous traversent, et comment les susciter ? Le psychiatre

Christophe André, auteur des États d'âme, Un apprentissage de la sérénité et de

Sérénité, vingt.-cinq histoires d'équilibre intérieur, partage avec nous les pistes

issues de son travail et de sa réflexion. Au fil de notre dossier, apprenez à agir pour

nourrir votre paix intérieure : accepter ses émotions (1), pratiquer l'autocompassion

(2), remercier les autres (3), vivre en pleine conscience (4) et se relier la nature (5).

CHRISTOPHE ANDRÉ

Psychiatre et psychothérapeute, il dirige une unité spécialisée dans le traitement des troubles

anxieux et phobiques à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris et enseigne à l'université Paris-X. Il est l'auteur

de nombreux ouvrages tous publiés chez Odile Jacob. Dernier paru : Sérénité, vingt-cinq histoires

d'équilibre intérieur (2012).

«ETRE SEREIN C'EST REFUSER LES FAUSSES URGENCES »

Pas besoin de se retirer du monde. Même dans des situations difficiles, nous pouvons trouver

des bulles d'apaisement. Notre expert de la sérénité, Christophe André, nous dit comment.

PROPOS RECUEILLIS PAR HÉLÉNE FRESNEL

Psychologies : Comment définiriez-vous la sérénité ?

Christophe André : C'est un bonheur tranquille et connecté. La sérénité est une émotion

agréable, même si, contrairement à la joie, elle est de basse intensité. Elle nous plonge dans

un état d'apaisement intérieur et d'harmonie avec l'extérieur. Nous éprouvons un sentiment

de calme mais il ne s'agit pas d'un repli sur soi, d'un enfermement. Nous nous sentons

confiants, en lien avec le monde, cohérents. Nous avons l'impression d'avoir trouvé notre

place.

Comment y accède-t-on ?

C.A.: C'est un phénomène qui nécessite la réunion de certaines conditions pour surgir. Il est

parfois provoqué par le cadre qui nous entoure, comme quand nous atteignons le sommet d'une

montagne et que nous contemplons longuement le paysage ; ou que nous assistons au lever

ou au coucher du soleil... Parfois, notre environnement n'y est absolument pas propice, mais

nous parvenons pourtant à la sérénité, « de l'intérieur»: par exemple, un état de calme qui

nous habite paradoxalement alors que nous sommes compressés dans le métro. La plupart du

temps, c'est un phénomène subtil qui émerge quand la vie desserre un peu son étreinte sur

nous et quand nous-mêmes lâchons prise. Mais, pour le ressentir, il est nécessaire d'être dans

un état d'esprit ouvert à l'instant présent; si nous sommes dans la rumination, l'action ou la

distraction, c'est beaucoup plus difficile. Quoi qu'il en soit, et comme toutes les émotions

positives, la sérénité ne s'éprouve pas de manière continue et permanente. Ce n'est d'ailleurs

pas le but recherché. Notre travail consiste à essayer d'augmenter la fréquence de ses

apparitions, de les faire durer et de les savourer le plus possible.

La sérénité consiste-t-elle à nous couper du monde ?

C.A.: La sérénité suppose effectivement un relatif désengagement vis-à-vis du monde. Nous

cessons de vouloir faire quelque chose, obtenir ou contrôler. Ce désengagement ne concerne

cependant que l'action. Nous restons réceptifs à ce qui nous entoure. II ne s'agit pas de se

retirer dans sa « forteresse », mais de se mettre en lien avec son environnement. C'est la

conséquence d'un état de présence intense, mais non réactive, à ce qui compose à cet instant

notre vie, même si c'est bénin, même si c'est anodin. La sérénité est plus facile à atteindre

quand nous baignons dans un environnement magnifique que quand ce dernier est agressif. Il

existe néanmoins des moments de sérénité dans le tumulte. Tous ceux qui prennent le temps

de s'arrêter pour analyser, ressentir ce qui leur arrive, ce qu'ils éprouvent, arrivent à la

sérénité à un moment ou à un autre.

On associe souvent sérénité et méditation, est-ce la seule voie?

C.A.: Non. Il suffit parfois de se connecter à un environnement lui-même serein et de s'en

laisser imprégner. Il est également possible d'y arriver par la prière, par une forme de

réflexion philosophique sur le sens de la vie. Par le lâcher-prise aussi. Car ce qui favorise

l'émergence de la sérénité, c'est de prendre régulièrement le temps de se poser; de cesser

d'agir, de vouloir, de courir après des résultats, quels qu'ils soient; d'être dans une présence

attentive et respectueuse au monde. Or, il se trouve que c'est précisément ce que la

méditation, et particulièrement la pleine conscience, propose. Elle ne nous dit rien d'autre

que : «Arrêtez-vous, observez, respirez ! » Nous avons plus de chances de vivre des instants

de sérénité en méditant qu'en surveillant nos e-mails tout en répondant au téléphone et en

avalant un sandwich. Nous avons juste à observer le monde tel qu'il est : des objets, des

humains, des nuages, des ciels dont nous n'attendons rien. La pleine conscience facilite tout

cela, mais elle n'est pas l'unique voie.

Quelles sont les autres voies?

C.A.: Deux grandes voies méditatives cohabitent. La première s'appuie sur la focalisation,

le rétrécissement du champ de l'attention : il s'agit de ne plus s'intéresser qu'à une chose,

son souffle, un mantra, une prière, la flamme d'une bougie... Et d'écarter de la conscience

tout ce qui ne concerne pas l'objet choisi pour méditer. La deuxième voie se concentre sur

la technique inverse : ouvrir son attention, être présent à tout, de son mieux, à son souffle,

à ses sensations corporelles, aux bruits autour de soi, à tous ses ressentis, à toutes ses

pensées. C'est la pleine conscience : au lieu de me focaliser, je fais l'effort permanent

d'ouvrir mon esprit à tout ce qui est là, à chaque instant.

Toutes les pratiques méditatives n'ont-elles pas le même objectif?

C.A.: Pour certaines, il s'agira de nous rendre beaucoup plus présents au monde auquel nous

appartenons, ce que la pleine conscience appelle la « conscience sans objet ». L'intention est

de se sentir simplement et fortement en vie. Pour d'autres, il s'agira de poursuivre ce que,

par exemple dans le zen, on appelle le satori, un état d'éveil qui nous révèle le monde. Dans

les deux cas, rien d'intellectuel, au contraire : pas d'action, mais une observation tranquille;

pas d'attentes, juste une intention d'intensifier notre présence au monde et de laisser

tranquillement venir. D'autres approches encore visent au développement des émotions

positives : dans le bouddhisme, c'est le travail sur la compassion, l'altruisme.

Et pour nos émotions négatives?

C.A.: L'apaisement des émotions négatives est un préalable en général nécessaire à la

sérénité. Les pratiques méditatives utilisées dans les cabinets des psys insistent sur ce point.

À Sainte-Anne, je travaille beaucoup avec des patients confrontés au stress, à l'anxiété,

à la dépression, au ressentiment, à la colère. Nous leur montrons comment stabiliser son

attention sur l'instant présent permet de stabiliser ses émotions. Nous tentons aussi de leur

apprendre à établir un rapport différent à ces émotions douloureuses, à ne pas chercher à les

contrôler, à essayer de ne pas s'y noyer en les ruminant, et à plutôt les accueillir pour tenter

de désamorcer leur influence. Souvent, le problème, avec les émotions fortes et douloureuses,

c'est qu'elles captent toute notre attention. Nous en devenons prisonniers, nous nous

identifions à elles, elles nous vampirisent. L'idée est de dire aux patients : « Permettez à ces

émotions d'être là, à votre esprit; mais pas toutes seules, ne leur laissez pas occuper à elles

seules tout votre espace mental. Ouvrez aussi votre conscience à votre corps et au monde

extérieur pour que l'influence de ces émotions se trouve diluée dans une conscience aussi

vaste et ouverte que possible. »

Chercher la sérénité dans l'actuelle situation de crise généralisée que nous traversons, est-ce

bien réaliste?

C.A.: Je pense que, si les humains ne s'occupent pas de leur équilibre intérieur, s'ils le laissent

en friche, ils vont non seulement souffrir davantage, mais aussi être plus manipulables,

plus impulsifs. Le travail sur notre intériorité nous rend plus présents. C'est ce que

Thomas d'Ansembourg [psychothérapeute spécialisé en communication non violente, ndlr]

appelle l'« intériorité citoyenne » : prendre soin de notre intériorité va faire de nous de

meilleurs humains, plus cohérents, plus respectueux, à l'écoute des autres, moins injustes.

Nous nous engageons de manière plus calme, mais aussi plus tenace. Nous sommes moins «

endoctrinables », plus libres. Et puis la sérénité permet aussi de tenir la distance dans les

combats que nous engageons.

Nous ne pouvons pas uniquement fonctionner à l'impulsion, à la colère, au ressentiment...

Les grands leaders comme Nelson Mandela, Gandhi, Martin Luther King ont tous cherché à

s'en extraire. Ils voient sur le long terme, savent que démarrer par la violence conduit à la

violence, à l'agressivité, à la souffrance. La sérénité permet de garder intacte notre capacité

à nous indigner et à nous révolter, mais de la manière la plus efficace et adaptée possible.

Est-elle accessible à tous?

C.A.: Tout le monde peut accéder à la sérénité, mais tout le monde n'a pas les mêmes

aptitudes. Certains partent avec un meilleur capital que d'autres : ils sont émotionnellement

plus stables, mieux capables de combattre leur stress... Une personne avec un tempérament

anxieux, élevée dans une famille d'anxieux, une autre dans le sacrifice permanent ou dans la

méfiance par rapport au bonheur « parce que ça ramollit » vont avoir du mal à lâcher prise :

elles auront toujours tendance à être dans des actions protectrices, anticipatrices. Elles

n'auront pas conscience que nous sommes aussi sur terre pour, de temps en temps, savourer

notre existence, admirer, partager, et pas seulement pour nous protéger de l'avenir et de

l'adversité. Mais la marge de manoeuvre existe et tout le monde peut accéder à davantage de

sérénité.

Ne faudrait-il pas aujourd'hui plutôt résister et agir que lâcher prise pour être heureux ?

C.A.: Comme si les deux étaient incompatibles ! Pour moi, c'est comme si vous opposiez

inspirer et expirer ! En réalité, l'action psychologique n'empêche pas l'action politique. Il y

a des moments dans la vie où il importe de résister, d'agir, de combattre, et d'autres où il

faut lâcher prise, être dans l'acceptation, c'est-à-dire simplement accueillir ses émotions.

Ce n'est pas démissionner, ni laisser faire, ni se soumettre, ni obéir. Le lâcher-prise, quand

il est bien compris, c'est un programme en deux temps - accepter le réel et l'observer

puis agir pour le changer - qui permet de ne pas être dans la réaction ou dans l'impulsion

guidées par l'émotion brute. C'est une antichambre de décontamination où nous sondons,

examinons les émotions dans un espace mental le plus vaste possible pour essayer de décider

ce qu'il sera bon de faire, quel genre d'actions proches de nos valeurs, de nos attentes nous

pourrons engager. L'idée est de « répondre » à ce qui nous arrive avec notre esprit et notre

coeur plutôt que de « réagir » dans l'urgence de l'émotion. C'est une dictature de notre

époque de vouloir que les individus soient très réactifs, prennent des décisions importantes

immédiatement, un peu comme quand les vendeurs essayent de nous arnaquer en disant : « Si

vous ne le prenez pas maintenant, il n'y sera plus ce soir ou demain ! » Notre monde essaye de

nous arnaquer en nous faisant croire que l'urgence est partout. La sérénité consiste à refuser

les fausses urgences. Elle n'est pas une dérobade face au réel, juste un outil de sagesse et de

discernement.

1. ACCEPTER SES ÉMOTIONS

« Positivez ! » C'est le slogan du moment. Une maladie devient l'occasion de profiter

de ses proches, un licenciement, celle de se reconvertir... Et si, à force de toujours

voir les choses du bon côté, nous nous empêchions d'être en paix

Une panne sur l'autoroute ? Tant mieux : en attendant la dépanneuse, je prends enfin du

temps pour moi. Le métro plein à craquer? Une aubaine, je manquais de contact humain. Il y

a des gens étonnants qui positivent tout, tout le temps. Comme si chaque tuile de l'existence

était bonne à prendre, comme si, derrière un drame, se cachait toujours une leçon de sagesse.

Et ces personnalités formidables, shootées à l'optimisme, vous expliquent, avec un sourire

parfois inquiétant, que vous seriez plus heureux si vous surfiez sur le bon côté des

événements. C'est, dans sa version sympathique, la première leçon de l'ours Baloo lorsqu'il

enseigne la loi de la jungle à Mowgli : « Prenez la vie du bon coté, riez, sautez, dansez,

chantez, et vous serez un ours très bien léché(1). » Pas sûr.

L'ÉCHEC EST FORMATEUR

« Dans tous les domaines, notre société concurrentielle nous pousse à être performants.

Pour cela, il faut positiver, quitte à enjoliver son curriculum vitae pour qu'il montre un

cheminement couronné de succès », relève la psychanalyste et philosophe Monique David-
Ménard(2). Mais la pression est si forte que « nous voyons arriver dans nos cabinets des

personnes construites sur cet idéal de réussite absolue tout à coup s'effondrer lorsqu'elles

échouent ». À tout positiver, elles n'ont pas appris à supporter leurs zones de tristesse

et sombrent dans la mélancolie. « C'est dommage, car nos difficultés et nos ratages nous

donnent un enseignement précieux sur nous-mêmes », reprend-elle.

Une rupture sentimentale nous révèle, par exemple, un investissement excessif ou un

échec peut-être désiré. Grâce à Freud, nous savons désormais que ces fameuses pulsions

antagonistes de vie et de mort, d'éros et de thanatos, constituent la richesse et la

complexité de la psyché. Regarder ce qui ne va pas si bien, c'est considérer nos failles, nos

faiblesses et nos peurs, toutes ces facettes qui font notre singularité. « Il y a quelque chose

de très personnel dans notre manière de répéter les mêmes impasses », confirme Monique

David-Ménard. Et la liberté est là, « lorsque nous trouvons dans nos échecs le matériau de nos

réussites ».

LES ÉMOTIONS DONNENT UN SENS

Sophie, 30 ans, connaît bien cet instant où, par crainte d'être débordée par ses émotions, elle

regarde ailleurs en se disant que ce n'est pas grave. Si bien qu'on lui reproche souvent d'être

distante, insaisissable. « C'est le cas : dans ma tête, je m'en vais très loin, jusqu'à mes 10

ans, lorsque, rejetée par mes camarades de classe, je dédramatisais en me persuadant que je

m'amusais mieux toute seule. » Réfugiée dans sa coquille comme à son habitude, elle se prive

de l'opportunité de faire, pour une fois, un peu différemment.

« C'est tout le travail de la thérapie : amener le patient à regarder comment il est touché

par un événement et ce que cela réactive d'une situation déjà vécue, pour apprendre à réagir

de manière plus adaptée au moment présent », analyse Jean-François Gravouil (3), gestalt-
thérapeute. Car, si les émois de Sophie adulte témoignent de son histoire d'enfant, ils parlent

aussi de ce qui se passe, dans le moment présent, avec son interlocuteur.

Pourquoi cette conversation déclenche-t-elle, aujourd'hui, de telles émotions? En les

mettant à distance, elle se coupe d'elle-même, de l'autre, et s'empêche de le rencontrer

vraiment. La pensée positive, parce qu'elle ne permet pas de s'ajuster à la situation actuelle,

peut être « un déni de réalité, résume Jean-François Gravouil. Pour ne pas être confronté

à ce qui nous menace ou nous fait peur, nous refusons de voir ce qui, dans le réel, nous

dérange ». Nous l'édulcorons pour être, provisoirement, en paix, mais nous courons en fait à la

catastrophe. « Nous avons beau nous dire que la route est droite, s'il y a un virage, nous allons

finir dans le décor », illustre-t-il. Or, ainsi que l'enseignait le maître indien Swâmi Prajnânpad,

toute action juste passe par « dire oui à ce qui est ». Considérer la situation telle qu'elle se

présente permet de trouver les ressources adéquates, de faire des choix pertinents.

« Les pensées positives comme les négatives sont deux voies dangereuses et stériles, poursuit

le gestalt-thérapeute. Dans les premières, nous sommes du côté de la toute-puissance, tout

est rose, tout est possible; dans les secondes, du côté de l'impuissance, du défaitisme. »

Dans les deux cas, nous restons passifs, nous ne créons ni ne construisons rien. Nous ne nous

engageons pas ni ne nous donnons les moyens de transformer le monde. Nous n'écoutons pas

nos émotions, au sens étymologique du terme, ex movere : ce qui nous mobilise, nous pousse à

l'action.

L'AMBIVALENCE FAIT GRANDIR

Cette injonction moderne à positiver, à faire bonne figure, permet aussi parfois de museler

tout discours un peu trop contestataire. C'est le fameux « Ne m'apportez pas de problème,

donnez-moi des solutions », malheureusement répété par nombre de chefs d'équipe. Avec,

en embuscade, ce reproche caché : faites des efforts, soyez performants, flexibles,

rebondissez ! Marc, 45 ans, commercial, raconte ainsi : « Notre patron nous a annoncé une

bonne nouvelle : pas de licenciements... à condition de renoncer à nos primes. Nous étions

invités à nous réjouir. » Les esprits chagrins qui auraient le malheur de pointer la supercherie

sont accusés de ne pas être constructifs, de plomber l'esprit d'équipe. « Quand vous devenez

dérangeant, vous êtes culpabilisé parce que vous n'êtes pas assez docile », souligne Jean-
François Gravouil.

La pensée positive refuse la pensée complexe, chère au sociologue et philosophe Edgar Morin

(4), un peu trop coûteuse sur le plan psychique. « Parce qu'elle prend en compte des éléments

contradictoires, la complexité nous installe en effet dans un équilibre instable, là où un choix

est toujours relatif, contestable », précise le gestalt-thérapeute. Il n'y a jamais de bonne

réponse. D'où la tentation d'éviter les complications, de ne voir que le bon côté des choses en

espérant être ainsi plus serein.

« C'est plus facile, mais c'est assez infantile », observe encore Jean-François

Gravouil. L'accession à la maturité psychique se fait en effet lorsque nous acceptons

l'ambivalence : « Le bébé est dans une vision à la fois persécutrice et clivée du monde : le

sein qui arrive quand il a faim est le bon objet; le sein qui ne vient pas, le mauvais objet.». En

grandissant, l'enfant prend conscience que, dans les deux cas, le sein est sa mère. Il admet

ainsi que, chez elle comme chez lui et en toute chose, il y a du bon et du mauvais, du positif et

du négatif.

L'ANGOISSE EST HUMAINE

En ces temps de grisaille économique et sociale, nous aurions pourtant parfois besoin

de positiver un peu plus. « Tant que nous ne l'utilisons pas comme système de réponse

systématique, la pensée positive offre un confort psychologique », estime Jean-François

Gravouil. Elle met du supportable là où nous pourrions être terrassés par la peur. « Dans des

situations de grande insécurité, il est indispensable de tamiser ce qui ne va pas. Positiver

certains aspects de sa vie permet de ne pas être envahi par l'angoisse », atteste Monique

David-Ménard. Par exemple, ne pas trop regarder à quel point son couple bat de l'aile lorsque,

au chômage, nous concentrons notre énergie à retrouver du travail.

« À l'inverse, il peut être tout à fait inopportun de positiver. Cela signalerait que nous ne

supportons pas d'entendre une plainte. Or, il faut parfois que l'envie d'être malheureux

s'épuise », note la psychanalyste. Rien ne sert d'asséner à un ami effondré qu'il faut prendre

la vie du bon côté. Et de conclure : « Entre l'idéal absolu de performance et l'intolérable

dégringolade de l'échec, nous pourrions inventer des modes de réussite qui supportent une

dose de ratages ». Positiver un peu, mais pas trop, et pas tout le temps.

1. In Le Livre de la jungle de Wolfgang Reitherman (Studios Watt Disney, 1967).

2. Monique David-Ménard, auteure d'Éloge des hasards dans la vie sexuelle (Hermann, 2011).

3. Jean-François Gravouil, La psychothérapie dans la société: instrument ou ferment?» (Gestalt n°29, 2005,

sur cairn.info).

4. Edgard Morin, auteur d'Introduction à la pensée complexe (Seuil, `Points'; 2005).

un numéro à lire!!

MICHEL

20 novembre 2013

En kiosque : Essentiel Cerveau & Psycho n°16

La personnalité

La personnalité reflète les pensées et le comportement. Chaque individu est une combinaison de traits, normaux ou plus ou moins pathologiques, qui rend chaque individu unique, mais parfois prévisible !

Également au sommaire

Entre gènes et environnement

Les traits de la personnalité sont autant innés que acquis. On ignore quels gènes sont impliqués, mais on sait que l'environnement modifie leur expression.

Peut-on changer de personnalité ?

La personnalité se modifie tout au long de la vie et dépend des expériences vécues. Cette évolution se fait sans que nous en ayons conscience. Des stratégies thérapeutiques peuvent atténuer certains traits négatifs ou renforcer les positifs.

Quelles personnalités pour quels leaders ?

Quels sont les traits de caractère de ceux qui gouvernent le monde ? En quoi leurs personnalités influent-elles sur leurs décisions politiques ? Les profileurs psychologiques répondent à ces questions, participant ainsi aux négociations internationales.

Les personnalités difficiles

Certains individus ont une personnalité pathologique, qui provoque une souffrance, voire une altération du fonctionnement : ils sont paranoïaques, antisociaux, narcissiques, obsessionnels, etc. Que signifient ces termes ?

La démarche en dit long sur le tempérament

La démarche révélerait certains traits de personnalité, notamment la sociabilité, la dominance ou la vulnérabilité. Mais aussi les émotions, voire le désir sexuel…

À découvrir aussi en kiosque

Les addictions, comment s'en sortir ?

Les addictions ne concernent plus seulement les drogues, mais aussi des comportements, tels que le jeu ou le travail.
Cerveau & Psycho se penche sur ces addictions comportementales et décrit les recherches récentes qui permettraient de « reconfigurer » les neurones pour sortir de la spirale de la dépendance.

Big Bang numérique, les données massives changent-elles le monde ?

On peut aujourd'hui facilement stocker d'énormes quantités d'information. Cette capacité nouvelle n'est pas qu'un changement quantitatif : elle annonce des transformations profondes dans la société et ses activités.

L'hérédité sans gènes : comment l'environnement rebat les cartes ?

Depuis sa découverte en 1953, l'ADN est devenu l'icône de la vie, le livre où tout serait écrit. Mais l'ADN n'est pas le seul maître à bord. L'expression des gènes qu'il contient dépend de diverses modifications dites épigénétiques, souvent transmissibles de cellule à cellule, voire de génération en génération. Elles reflètent l'environnement de l'individu, son alimentation, ses expériences...

une conférence de Mathieu Ricard et Christophe André

MICHEL

Un lien super!

et pour info, Christophe André fait partie du comité scientifique qui va valider l'étude scientifique en cours sur la thérapie Vittoz...

w.dailymotion.com/video/x10lblp_l-altruisme-une-reponse-aux-defis-de-notre-temps_newse t

FOVEA ou formation vittoz à l'expérience attentive

MICHEL

http://vittoz-fovea.fr/

(démarrage de 3 groupes à Lyon en Janvier, dont deux dans le cadre de la Catho. d'autres sont en cours... )

Le programme FOVEA (Formation Vittoz à l’Expérience Attentive) constitue une introduction à la méthode Vittoz qui vise à améliorer son état de présence par le développement de l’attention à soi et au monde.

Constituées de 8 séances de 2 heures, les sessions seront animées par des praticiens Vittoz certifiés par l’IRDC (cf. rubrique « annuaire »).

Un livret sera fourni aux participants en début de session pour les aider à pratiquer au cours de la semaine, en dehors des séances de groupe.

Ce programme FOVEA sera de plus évalué (concernant son efficacité sur le bien-être), dans le cadre d’une étude scientifique dirigée par Rébecca Shankland, maître de conférences en psychologie à l’université Pierre Mendès-France (Grenoble), et validée par un comité scientifique composé de :

Christophe André

  • Praticien hospitalier, Service Hospitalo-Universitaire, Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris

Michel Dufossé

  • Chercheur CNRS en Neuroscience

Pascale Haag

  • Maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris) et membre de l’Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux – Sciences sociales, politique, santé (UMR 8156)

Jean-Philippe Lachaux

  • Directeur de Recherches à l’INSERM, Unité U1028, Centre de Recherches en Neurosciences de Lyon

René Sirven

  • Maître de conférences (Montpellier I, Médecine), vice-président de l’Institut de Psychosomatique de Montpellier et de la Société Française d’Odontologie Psychosomatique et Sciences Humaines

Les participants aux groupes FOVEA pourront, s’ils le souhaitent, se porter volontaires pour cette étude scientifique.

Vittoz et travail...

MICHEL

VOUS AU TRAVAIL


AGIR POUR GARDER LA CONFIANCE EN SOI

"Qu'il ne s' agísse d’un entretien, d'une prise de parole, 0u encore d' une décision à prendre, gardez
à [esprit que vous ne jouez pas votre vie "

Parfois on laisse les événements nous déstabiliser davantage qu’i|s ne le devraient pas.
Au travail comme dans la vie personnelle,une bonne dose de confiance en soi permet d’affronter certains aléas avec davantage de sérénité

.MANAGEMENT

Lorsqu 'on perd confiance en soi, les
pensées deviennent négatives et nous
mettre dans l’im-`empêchement d’agir. Ètre dans l’im-
mobilisme par crainte de 1’échec n’engendre
rien de bon. Alors quand la confiance super-
ficielle (1) est atteinte, le meilleur remède,
c’est faction Transformons ce cercle vicieux
en cercle vertueux, pour tirer profit du bon
stress >> qui en découle. Entourons-nous
d'optimisme et utilisons des techniques simples
pour surmonter nos appréhensions et nous
remettre en mouvement.

DÉDRAMATISER LES ENJEUX

L’action va nous permettre de neutraliser l’anxiété anticipatrice », celle qui précède
l’initiative et qui disparaît complètement lorsqu’on est en situation. C’est ce qui se pro-
duit quand on a le trac avant d’animer une réunion. Mettons-nous de manière graduelle,
dans des situations génératrices de trac, et cc jusqu’à atteindre 1’acceptation » de -
tion, décrite en psychologie. De la sorte, on sera de moins en moins sensible. Pour y par-
venir, par exemple, on peut poser des questions techniques à un vendeur en informa-
tique alors qu’on n’y connaît pas grand-chose, passer devant tout le monde, dans une file

'attente en affirmant être très pressé... bref,on s'habitue à oser dans des contextes moins
chargés d’enjeux, pour un meilleur contrôle de nos émotions.

NE PAS SE METTRE TROP DE PRESSION
Qu’i1 s’agisse d’un entretien, d’une prise de parole, ou encore d’une décision à prendre,
gardons à l’esprit qu’on ne joue pas sa vie. En se mettant trop de pression, on risque un
excès d'angoisse qui peut nous paralyser et devenir contre-productif. Il n’est pas rare, par
exemple, de voir des invités radiophonique perdre leurs moyens à 1’antenne, alors même
qu’ils sont rompus à parler devant des amphithéâtres bondés.

Patrick Légeron (2) explique que sous la pression, notre corps produit un excès de cortisol
(substance chimique associée au stress) et dès
que celui-ci a atteint un certain seuil critique, le plus léger grain de sable dans les rouages [...] va
actionner le signal d'alarme du cerveau.
L'instinct prend alors le dessus sur notre rationalíté et nous pousse à agir de manière irré-
fléchie. Au lieu de penser puis d'agir, nous répondons parle combat ou la fuite. Un phénomène
que les scientifiques appellent une prise en otage émotionnelle ».

AVOIR RÉGULIÈREMENT PLUSIEURS
PROJETS. EN COURS

S’investir dans différents domaines habitue à prendre des décisions et renforce notre
capacité à penser qu’on peut tout réussir. La démarche consiste à cibler des domaines:
professionnels, personnels, associatif, sportifs, familiaux... avec des objectifs à atteindre
(il est évident qu’ils devront être identifiables et réalisables). Par exemple, changer de poste
ou devenir formateur dans son métier, lire un auteur nouveau chaque mois, préparer un
semi-marathon si on est sportif, réaliser un potager... etc. Ce type d’entreprise nous per-
mettra de rester actif et dynamique, tout en ayant davantage de chances de réussir, et
donc d’y trouver de 1a satisfaction. Les projets peuvent être hétéroclites ou totalement liés :
faire partie du comité d’entreprise et organiser une sortie VTT, par exemple, permettra
de joindre futile à l’agréable.

APPRENDRE A GÉRER LES ALÉAS

On peut apprendre à gérer les aléas par des gestes simples de la vie quotidienne, en modi-
fiant ses habitudes : on va régulièrement faire ses courses dans ce magasin ? on en change;
on utilise un autre itinéraire pour se rendre
au travail; on oriente différemment son bureau... Ces modestes changements sans
grande incidence nous permettront petit à petit de remédier aux imprévus, comme ils
nous aideront à dédramatiser l'action qui nous rebute. Dans la même dynamique,
lorsqu’une tâche nous angoisse, déplaçons le problême. Par exemple, on doit prendre la
parole en public et on se sent mal à l’aise, car observé sous toutes les coutures. Il suffit de
travailler à fond son intervention que l’auditoire se concentre sur ce qui est dit, non
sur notre apparence, notre façon d’occuper l’espace...

PENSER EN TERMES DE BENEFICES
A OBTENIR PLUTÔT QU'EN OBSTACLES
A S
URMONTER

Ce serait vraiment bien de travailler dans tel service ou pour telle entreprise, car cela me per-
mettrait de développer mes compétences, d'apprendre d'autres choses au Contact de tel chef de
service, ou encore de revaloriser mon salaire ».
On ne se freine pas, en se disant que l'on n’a pas les qualités ou l'expérience requises. Si on
a plus à gagner qu’à perdre, pourquoi ne pas se lancer? Nous avons d'avantage d'appré-
hension sur 1’idée que nous nous faisons d’une chose à accomplir, que sur la chose en
elle-même.

PROCÉDER PAR ÉTAPES, ET NE PAS

PLONGER D`D’EMBLÉE DANS LE GRAND BAIN
L'objectif peut parfois écraser l'agent s’il est présenté de but en blanc. Utiliser la méthode
du rétroplanning, quand tout doit être prêt pour telle date, et se fixer des étapes inter-
médiaires pour atteindre le niveau requis. Par exemple, on a prévu de faire une présentation
de 45 minutes en anglais. On n’est que moyennement à l'aise, mais on n’y coupera
pas. Commençons donc par cinq minutes, puis dix minutes... jusqu’à atteindre l'objectif
le jour J.

ÉMISSIVITÉ ET RÉCEPTIVITÉ

Pour améliorer la maîtrise de ses émotions, on peut également se référer aux travaux du
docteur Vittoz. Plutôt méconnus, ils présentent aujourd’hui un regain d’intérêt
grâce à des applications concrètes. Selon Vittoz, notre cerveau oscille alternative-

ment entre émìssivité et réceptivité, ces deux éléments devant être suffisamment
égaux, pour un bon équilibre de nos émotions. Il définit la réceptivité comme notre
faculté à recevoir aussi bien les messages du monde extérieur, que ceux de notre propre
corps. L’érnissivité, quant à elle, est cette capacité que 1’on a à émettre des pensées,
des gestes, des paroles, des images...

Notre mode de vie, notre culture, nos habitudes nous incitent à être, de manière un peu
trop excessive, dans l’émissivité. Il s’agit alors pour améliorer cette émissivité, de savoir
recevoir correctement. Recevoir, c’est mettre au repos son cerveau cognitif, pour récupérer
1’énergie nerveuse que celui-ci consomme, Il ne s'agit pas de ne plus penser, mais de faire
moins travailler son intellect, afm de ressentir davantage et de mieux percevoir. Cest
pourquoi, avoir conscience d’un acte, ce n’est pas d’abord le penser, mais bien le ressentir.
Ces actes de concentration peuvent être réalisés quotidiennement, en accueillant » les
bruits qui parviennent dela rue, en percevant le contact de l’eau sur la peau, en ressentant
1a saveur et la chaleur du café, ou 1e contact du sol sur la plante des pieds lorsqubn se lève.
Une pratique régulière rend de plus en plus objectif sur sa vie et sur les événements qui se
présentent. Cette méthode peut apporter une aide efñcace contre le non-sens, le stress, ou

'la sensation de vide existentiel. De la sorte, en vivant dans la sensation des actes conscients,
on apprend à vivre 1e moment présent, sans ruminer sur le passé, pour les plus scrupuleux
d'entre nous, et sans projection sur 1’avenir pour les plus anxieux. Ce «lâcher prise »
demande des efforts de détente et d’écoute intérieure, une déprogrammation de ce qui
nous a été enseigné. Lâcher prise signifie accepter les choses que Yon ne peut changer,
avoir le courage de changer les choses que 1’on peut changer, et surtout savoir faire la diffé-
rence entre les deux. l


(1) À distinguer de la conñance vitale, ou désir de vivre

(cf. Cynthia Fleury, La Fin du courage, 2010.)

(2) Psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus, spécialisé

dans la gestion du stress.

Sur www.lettreducadre.ir,
rubrique au sommaire
du dernier numéro
Les clés du mieux-être au travail
La Lettre du cadre n° 437, 15 îévrier
2012.

FU" @tiff *WL-fina@
L'assenivitó et la maïIrise
des relations

à Paris les 19 et ZIJ/12

ou à Lyon les 14 et 15/11
Plus d'informations au 04 76 65 61 00

ou par e-mail formation@territoria|.fr

l'université populaire à Lyon!

MICHEL

Propose des
Cours gratuits libres d'accès. Enregistrements en ligne. - 14 octobre 20
13

Bonjour à toutes et tous

- Tout d’abord, un petit rappel de nos premières interventions :

  • Au TNP à Villeurbanne (19h-21h, entrée libre dans la mesure des places disponibles)
    Cycle sur le Travail et néolibéralisme : Les dé-liaisons dangereuses

Première conférence, mardi 15 octobre, 19h-21H, TNP, Salle J. Vilar, Danièle Linhart, directrice de recherche au CNRS : “Formes de domination au travail et critiques du néo-management”
Danièle Linhart est l’auteure de nombreux ouvrages dont : La modernisation des entreprises, Paris, La découverte, coll. Repères, troisième version, 2010 ; Travailler sans les autres ?, Paris, Le Seuil, coll. Hors Normes, 2009 ; avec Barabara Rist et Estelle Durand, Perte d’emploi, perte de soi, Ramonville Saint-Agne, Erès, 2002, nouvelle version 2009.

Ce cycle a pour particularité de se dérouler tout au long de l’année de l’Unipop, d’articuler des conférences puis des ateliers dans l’objectif de permettre une appropriation collective des thèmes abordés. Il est construit en lien avec d’autres associations, comme Ciné Travail, pour certaines initiatives (comme celle du 29/11/13) et pour les ateliers.

Cycle de conférences (périodicité mensuelle)
Toutes les conférences ont lieu de 19h à 21h au TNP (salle J. Vilar), à l’exception de la journée du 29/11/13 au Théâtre de la Renaissance à Oullins.

Mardi 15/10/13 au TNP – Formes de domination au travail et critique du néo-management – Danièle Linhart, sociologue à l’Université Paris Ouest

Vendredi 29/11/13 -Festival à nous de voir, Oullins / Ciné travail / Théâtre de la Renaissance : (9h30-18h) « Filmer le travail », une journée d’échange avec Y. Clot / www.anousdevoir.com (réservation nécessaire)

Lundi 16/12 /13 au TNP – Réduire le temps de travail, une idée démodée ? – Paul Bouffartigue, sociologue

Ma 14/01/14 au TNP – De quoi le travail est-il malade ? Analyse et perspectives d’action – Philippe Davezies, médecin du travail

Lundi 10/02/14 au TNP -Mutations du travail et des questions de santé : intervenir sur les risques psychosociaux – Robert Cottura, ergonome

  • Aux Archives (19h-21h, entrée libre dans la mesure des places disponibles)

    Cycle de Philosophie Politique / C.Gautier – 3 séances (périodicité hebdomadaire) : « Qu’est-ce qu’un porte parole ? Des liaisons dangereuses entre savoir et pouvoir »

Me 16/10 Hobbes et le souverain comme porte parole de la « multitude » : la dérive autoritaire comme risque de la représentation

Me 23/10 Bourdieu et la constitution du porte parole du « groupe » : la délégation comme prélude à la dépossession des représentés

Lu 04/11 Le savant et le profane : la dérive technocratique du savant/expert

NB-Ateliers de l’UNIPOP : les ateliers d’écriture et d’étymologie sont complets ; il reste des places en philo et littérature. (Si certains d’entre vous déjà inscrits ne sont plus disponibles, merci de nous prévenir pour laisser la place à d’autres candidat-e-s)

Par ailleurs et sur d’autres terrains partenaires …

  • Samedi 19/10 de 17 à 23h « Ordinaire, ordinaire est-ce que j’ai une gueule d’ordinaire ? » Critique sociale et cultures populaires
    Une soirée-performance entre cuisine, arts et sciences sociales (programme détaillé) -De l’autre côté du pont,25 cours Gambetta – 69003 Lyon A partir de 3€ | Tout public -

En partenariat avec la Villa Gillet et le festival Mode d’emploi/programme- Villa gillet-festival mode d’emploi-2013

  • Mercredi 13 novembre / 12H30

RENCONTRE Polar, philosophie et critique sociale (Textuel, 2013)à la LIBRAIRIE BAL DES ARDENTS 17 rue Neuve, Lyon 1er / 04 72 98 83 36

La librairie Le Bal des ardents invite le philosophe, sociologue- Philippe Corcuff

  • Jeudi 14 novembre / 18H45-20H15 ATELIER à l’IEP de Lyon, Rue Appleton, Lyon 7e – Proposé et animé par Philipe Corcuff, Maître de conférences de science politique à l’IEP de Lyon-Institut d’études politiques / Grand Amphithéâtre-rue Charles Appleton – Lyon 7e

Éthique, infra-politique et polar : Une éthique mélancolique chemine dans le genre «polar», tout particulièrement dans la tradition du roman noir américain. Cette éthique a quelque chose d’une résistance vis-à-vis de l’ordre social dominant et pose donc des questions politiques. Toutefois, elle est peu souvent connectée directement à un discours politique. Ce problème sera exploré à partir d’extraits de romans classiques et actuels.

-Inscriptions sur www.festival-modedemploi.net

  • Mercredi 20 novembre / 18h30-ATELIER-(Université Jean Moulin Lyon 3 / salle 146 -Manufacture des tabacs / 18 rue Rollet, Lyon 8e )
    Proposé et animé par Guillaume Carron, Philosophe-Sociologie et philosophie : quels liens entre ces deux approches ?
    Sociologie et philosophie : l’Université Populaire invite le philosophe Bruno Karsenti ; Discuter les rapports de la sociologie et de la philosophie aujourd’hui n’est pas qu’une question intellectuelle et abstraite. Pour la sociologie, il s’agit de comprendre la portée anthropologique et conceptuelle des études qu’elle propose, ainsi que la validité de ses outils. Dans quelle mesure peut-on considérer son approche comme pourvue d’une objectivité moins discutable que celle de la philosophie ? Il s’agit, en somme, d’interroger le degré de pertinence des résultats obtenus par la sociologie. Pour la philosophie, c’est son style même qui est en question. A-t-elle encore une place dans le champ du vrai parmi les nouvelles sciences de l’homme ? La philosophie peut-elle encore prétendre à une quelconque actualité, au-delà des modes de vulgarisation actuels qui en trahissent parfois la difficulté et la pertinence ? L’atelier a pour but de fair e débattre les personnes présentes, notamment à partir de textes de Durkheim et de Merleau-Ponty -Inscriptions sur www.festival-modedemploi.net

  • Jeudi 14 novembre : L’infra-politique : une autre manière de faire de la politique ? Institut d’études politiques / LYON-http://www.villagillet.net/portail/mode-demploi/details/article/linfra-politique-une-autre-maniere-de-faire-de-la-politique/
    « Une grande variété de formes discrètes de résistance qui n’osent pas dire leur nom », c’est ainsi que l’anthropologue américain James Scott définit le concept d’« infra-politique » dont il est à l’origine. De la rumeur à l’humour en passant par l’attention oblique portée à la politique ou par des pratiques de consommation résistantes, les exemples ne manquent pas en matière de contournement ou de subversion des formes ordinaires de la domination sociale. Mise à l’épreuve des mobilisations, des relations de travail, des sociabilités associatives, la notion d’infra-politique selon James Scott permet de saisir l’ensemble des résistances cachées non organisées. De telles résistances sont bien souvent ignorées par la recherche classique en sociologie politique.
    -10h – 12h30 – L’infra-politique en question-Trois chercheurs, sur des terrains nettement distincts, nous présentent leur conception de l’infra-politique et leur usage de cette notion.Vanessa Caru (France) / historienne, spécialiste de l’Inde, d’histoire urbaine et des mobilisations populaires.Yves Citton (Suisse) / théoricien de la littérature, philosophe.Guilaume Marche (France) / sociologue, spécialiste des mouvements sociaux aux États-Unis et des études de genre.- 14h – 15h30 - Révoltes, révolutions, émeutes. Qu’y a-t-il de politique dans ces formes de contestation ? Luc Bronner (France) / chef du service France au journal Le Monde.Mischa Gabowitsch (Russie/ Allemagne) / historien et sociologue. Gérard Mauger (France) sociologue, / directeur de recherche au CNRS.
    -16h – 18h – Les associations et l’évitement du politique-Marie-Hélène Bacqué (France), sociologue et urbaniste. Professeure à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.-Axele Brodiez-Dolino (France), historienne et sociologue, spécialiste de l’Histoire de la pauvreté et de la précarité, du travail social et des organisations humanitaires.-Lilian Mathieu (France), sociologue, spécialiste des mouvements sociaux, directeur de recherche au CNRS (ENS LYON ).Gratuit sur réservation : 04 78 27 02 48 / En ligne sur www.festival-modedemploi.net réservation dès le 21 octobre

Colloque HISTOIRE DES SCIENCES "PAR EN BAS" - méthode VITTOZ

MICHEL

http://histsciencesbas.sciencesconf.org/

du 5-7 juin 2013 à l'Université du Maine /IUFM a été organisé un colloque qui a pour fonction de faire l’état des lieux d'un pan nouveau de l'historiographie dans le domaine de l'histoire des sciences, celui d'une histoire écrite "par en bas", prenant en considération le rôle des profanes, des marginaux ou des "sujets" scientifiques dans la construction des savoirs et prêtant attention à la diversité des modes de circulation de ces savoirs dans les deux sens, entre les institutions savantes les plus officielles et les publics/acteurs les plus divers. Développée et théorisée par des historiens de la médecine depuis les années 1980, cette démarche s’est étendue aux autres champs de l’histoire des sciences. Mais les recherches restent souvent isolées et les réflexions méthodologiques éparpillées. Réunir des chercheurs issus d’horizons disciplinaires et géographiques divers afin de dresser un état des lieux de la recherche et de mener en commun une réflexion sur les enjeux théoriques, sur les méthodes et sur les sources d’une histoire des sciences par en bas, tel est l’objectif de cette manifestation.

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