23 Octobre 2013
VOUS AU TRAVAIL
AGIR POUR GARDER LA CONFIANCE EN SOI
"Qu'il ne s' agísse d’un entretien, d'une prise de parole, 0u encore d' une décision à prendre, gardez
à [esprit que vous ne jouez pas votre vie "
Parfois on laisse les événements nous déstabiliser davantage qu’i|s ne le devraient pas.
Au travail comme dans la vie personnelle,une bonne dose de confiance en soi permet d’affronter certains aléas avec davantage de sérénité
.MANAGEMENT
Lorsqu 'on perd confiance en soi, les
pensées deviennent négatives et nous
mettre dans l’im-`empêchement d’agir. Ètre dans l’im-
mobilisme par crainte de 1’échec n’engendre
rien de bon. Alors quand la confiance super-
ficielle (1) est atteinte, le meilleur remède,
c’est faction Transformons ce cercle vicieux
en cercle vertueux, pour tirer profit du bon
stress >> qui en découle. Entourons-nous
d'optimisme et utilisons des techniques simples
pour surmonter nos appréhensions et nous
remettre en mouvement.
DÉDRAMATISER LES ENJEUX
L’action va nous permettre de neutraliser l’anxiété anticipatrice », celle qui précède
l’initiative et qui disparaît complètement lorsqu’on est en situation. C’est ce qui se pro-
duit quand on a le trac avant d’animer une réunion. Mettons-nous de manière graduelle,
dans des situations génératrices de trac, et cc jusqu’à atteindre 1’acceptation » de -
tion, décrite en psychologie. De la sorte, on sera de moins en moins sensible. Pour y par-
venir, par exemple, on peut poser des questions techniques à un vendeur en informa-
tique alors qu’on n’y connaît pas grand-chose, passer devant tout le monde, dans une file
'attente en affirmant être très pressé... bref,on s'habitue à oser dans des contextes moins
chargés d’enjeux, pour un meilleur contrôle de nos émotions.
NE PAS SE METTRE TROP DE PRESSION
Qu’i1 s’agisse d’un entretien, d’une prise de parole, ou encore d’une décision à prendre,
gardons à l’esprit qu’on ne joue pas sa vie. En se mettant trop de pression, on risque un
excès d'angoisse qui peut nous paralyser et devenir contre-productif. Il n’est pas rare, par
exemple, de voir des invités radiophonique perdre leurs moyens à 1’antenne, alors même
qu’ils sont rompus à parler devant des amphithéâtres bondés.
Patrick Légeron (2) explique que sous la pression, notre corps produit un excès de cortisol
(substance chimique associée au stress) et dès
que celui-ci a atteint un certain seuil critique, le plus léger grain de sable dans les rouages [...] va
actionner le signal d'alarme du cerveau.
L'instinct prend alors le dessus sur notre rationalíté et nous pousse à agir de manière irré-
fléchie. Au lieu de penser puis d'agir, nous répondons parle combat ou la fuite. Un phénomène
que les scientifiques appellent une prise en otage émotionnelle ».
AVOIR RÉGULIÈREMENT PLUSIEURS
PROJETS. EN COURS
S’investir dans différents domaines habitue à prendre des décisions et renforce notre
capacité à penser qu’on peut tout réussir. La démarche consiste à cibler des domaines:
professionnels, personnels, associatif, sportifs, familiaux... avec des objectifs à atteindre
(il est évident qu’ils devront être identifiables et réalisables). Par exemple, changer de poste
ou devenir formateur dans son métier, lire un auteur nouveau chaque mois, préparer un
semi-marathon si on est sportif, réaliser un potager... etc. Ce type d’entreprise nous per-
mettra de rester actif et dynamique, tout en ayant davantage de chances de réussir, et
donc d’y trouver de 1a satisfaction. Les projets peuvent être hétéroclites ou totalement liés :
faire partie du comité d’entreprise et organiser une sortie VTT, par exemple, permettra
de joindre futile à l’agréable.
APPRENDRE A GÉRER LES ALÉAS
On peut apprendre à gérer les aléas par des gestes simples de la vie quotidienne, en modi-
fiant ses habitudes : on va régulièrement faire ses courses dans ce magasin ? on en change;
on utilise un autre itinéraire pour se rendre
au travail; on oriente différemment son bureau... Ces modestes changements sans
grande incidence nous permettront petit à petit de remédier aux imprévus, comme ils
nous aideront à dédramatiser l'action qui nous rebute. Dans la même dynamique,
lorsqu’une tâche nous angoisse, déplaçons le problême. Par exemple, on doit prendre la
parole en public et on se sent mal à l’aise, car observé sous toutes les coutures. Il suffit de
travailler à fond son intervention que l’auditoire se concentre sur ce qui est dit, non
sur notre apparence, notre façon d’occuper l’espace...
PENSER EN TERMES DE BENEFICES
A OBTENIR PLUTÔT QU'EN OBSTACLES
A SURMONTER
Ce serait vraiment bien de travailler dans tel service ou pour telle entreprise, car cela me per-
mettrait de développer mes compétences, d'apprendre d'autres choses au Contact de tel chef de
service, ou encore de revaloriser mon salaire ».
On ne se freine pas, en se disant que l'on n’a pas les qualités ou l'expérience requises. Si on
a plus à gagner qu’à perdre, pourquoi ne pas se lancer? Nous avons d'avantage d'appré-
hension sur 1’idée que nous nous faisons d’une chose à accomplir, que sur la chose en
elle-même.
PROCÉDER PAR ÉTAPES, ET NE PAS
PLONGER D`D’EMBLÉE DANS LE GRAND BAIN
L'objectif peut parfois écraser l'agent s’il est présenté de but en blanc. Utiliser la méthode
du rétroplanning, quand tout doit être prêt pour telle date, et se fixer des étapes inter-
médiaires pour atteindre le niveau requis. Par exemple, on a prévu de faire une présentation
de 45 minutes en anglais. On n’est que moyennement à l'aise, mais on n’y coupera
pas. Commençons donc par cinq minutes, puis dix minutes... jusqu’à atteindre l'objectif
le jour J.
ÉMISSIVITÉ ET RÉCEPTIVITÉ
Pour améliorer la maîtrise de ses émotions, on peut également se référer aux travaux du
docteur Vittoz. Plutôt méconnus, ils présentent aujourd’hui un regain d’intérêt
grâce à des applications concrètes. Selon Vittoz, notre cerveau oscille alternative-
ment entre émìssivité et réceptivité, ces deux éléments devant être suffisamment
égaux, pour un bon équilibre de nos émotions. Il définit la réceptivité comme notre
faculté à recevoir aussi bien les messages du monde extérieur, que ceux de notre propre
corps. L’érnissivité, quant à elle, est cette capacité que 1’on a à émettre des pensées,
des gestes, des paroles, des images...
Notre mode de vie, notre culture, nos habitudes nous incitent à être, de manière un peu
trop excessive, dans l’émissivité. Il s’agit alors pour améliorer cette émissivité, de savoir
recevoir correctement. Recevoir, c’est mettre au repos son cerveau cognitif, pour récupérer
1’énergie nerveuse que celui-ci consomme, Il ne s'agit pas de ne plus penser, mais de faire
moins travailler son intellect, afm de ressentir davantage et de mieux percevoir. Cest
pourquoi, avoir conscience d’un acte, ce n’est pas d’abord le penser, mais bien le ressentir.
Ces actes de concentration peuvent être réalisés quotidiennement, en accueillant » les
bruits qui parviennent dela rue, en percevant le contact de l’eau sur la peau, en ressentant
1a saveur et la chaleur du café, ou 1e contact du sol sur la plante des pieds lorsqubn se lève.
Une pratique régulière rend de plus en plus objectif sur sa vie et sur les événements qui se
présentent. Cette méthode peut apporter une aide efñcace contre le non-sens, le stress, ou
'la sensation de vide existentiel. De la sorte, en vivant dans la sensation des actes conscients,
on apprend à vivre 1e moment présent, sans ruminer sur le passé, pour les plus scrupuleux
d'entre nous, et sans projection sur 1’avenir pour les plus anxieux. Ce «lâcher prise »
demande des efforts de détente et d’écoute intérieure, une déprogrammation de ce qui
nous a été enseigné. Lâcher prise signifie accepter les choses que Yon ne peut changer,
avoir le courage de changer les choses que 1’on peut changer, et surtout savoir faire la diffé-
rence entre les deux. l
(1) À distinguer de la conñance vitale, ou désir de vivre
(cf. Cynthia Fleury, La Fin du courage, 2010.)
(2) Psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus, spécialisé
dans la gestion du stress.
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Les clés du mieux-être au travail
La Lettre du cadre n° 437, 15 îévrier
2012.
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L'assenivitó et la maïIrise
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